Bertrand Delanoe

Bertrand Delanoe est un homme politique français né le 30 mai 1950 à Tunis. Membre du Parti socialiste, conseiller de Paris depuis 1977, député de la 18ème circonscription de Paris de 1981 à 1986 puis sénateur de 1995 à 2001, il est maire de Paris depuis mars 2001.

1 Biographie
 1.1 Enfance et carrière politique
 1.2 Élection à la mairie de Paris (mars 2001)
  1.2.1 Contexte
  1.2.2 Premier tour
  1.2.3 Second tour
  1.2.4 Analyse de la victoire de la gauche à Paris
2 Prises de position
3 Paris sous Bertrand Delanoe (2001-2008)
 3.1 Les projets phares
  3.1.1 Réduction de la circulation automobile et de la pollution
  3.1.2 Logements sociaux et espaces verts
  3.1.3 Petite enfance
  3.1.4 Culture et évènements festifs
 3.2 Autres réalisations et projets
 3.3 Gestion de la mairie
 3.4 Polémiques avec l’opposition
4 La candidature de Paris aux jeux Olympiques
5 Liste des fonctions et des mandats
 5.1 Fonctions politiques
 5.2 Mandats nationaux
 5.3 Mandat locaux
 5.4 Autres
 5.5 Distinctions
6 Ouvrages
7 Notes et références de l'article
8 Voir aussi
 8.1 Bibliographie
 8.2 Articles connexes
 8.3 Liens et documents externes


Bertrand Delanoe

Bertrand Delanoe, le 29 mai 2007.
  

Biographie

Élection à la mairie de Paris (mars 2001)

Contexte

La droite se présente divisée aux élections municipales de mars 2001, avec deux candidats : Jean Tiberi, maire RPR dissident et sortant et Philippe Séguin, ancien député RPR des Vosges, ancien ministre, ancien président de l'Assemblée nationale et ancien président du RPR, allié à l'UDF et DL.

De leur côté, les socialistes organisent des primaires entre Jack Lang, alors maire de Blois, et Bertrand Delanoe, chef de l'opposition municipale depuis 1993, mais peu connu du grand public. Les débats sont vifs ; Lyne Cohen Solal, partisane de Lang, parle par exemple d'« erreur de casting » à propos de la candidature de Delanoe. Mais contre toute attente, Jack Lang abandonne la compétition pour devenir ministre de l'Education nationale dans le gouvernement de Lionel Jospin, permettant à Bertrand Delanoe de remporter l'investiture, de rassembler les socialistes, la gauche (PCF, MRC…) et de nouer des contacts avec les Verts dans le but de rassembler la gauche au second tour.

Son programme est axé sur l'ouverture politique, la stabilité fiscale, la transparence, la consultation (Conseils de quartiers, Conseils de la jeunesse, Maison des initiatives étudiantes, Maisons des associations, compte rendus de mandat annuels…), la solidarité, le doublement des budgets culture, le doublement des investissements sportifs, l'intensification des efforts sur le logement social et la petite enfance, la lutte contre la pollution, le développement des transports propres (bus, tramway, vélos…), la propreté et le soutien à la vie associative locale.

Premier tour

La gauche (communistes, chevènementistes du MDC et socialistes) est rassemblée derrière la candidature de Bertrand Delanoe, alors que les Verts (menés par Yves Contassot, cadre de la Banque de France), font liste à part, tout en prévoyant une fusion des listes au second tour.

Au soir du premier tour, face à cette liste de gauche et à celle des écologistes, la droite est majoritaire de quelques milliers de voix en voix sur la capitale mais ses candidats sont irréconciliables (dans tous les arrondissements sauf le IXeoù Pierre Lellouche déroge à la règle émise par Philippe Seguin excluant toute fusion avec les listes de Jean Tiberi). Les Verts, eux, fusionnent comme prévu avec les listes de Bertrand Delanoe dans tous les arrondissements.

Second tour

Au soir du second tour le 18 mars 2001, Bertrand Delanoe est élu maire de Paris avec un peu plus de 49,59% des voix, contre 50,37% à la droite divisée (33,97% pour les listes Seguin, 15,20% pour les listes Tiberi et 2,85% pour des listes divers droites). Ce sont les IXe, XIIe et XIVe arrondissements qui lui ouvrent les portes de la municipalité parisienne quand il est avéré que le candidat de gauche bénéficie de plus de voix d'avance sur celui de droite.

Bertrand Delanoe s'exprimant à une réunion en faveur de Ségolène Royal, le 6 février 2007Minoritaire d'environ 4 000 voix mais majoritaire en nombre d'arrondissements gagnés et en nombre de conseillers de Paris (163 élus en tout, qui sont à la fois conseillers municipaux et conseillers généraux, Paris étant à la fois Ville et département), la gauche gagne douze arrondissements sur vingt, certains d'entre eux de justesse avec 220 voix d'avance dans le IIe arrondissement, 878 voix dans le IVe arrondissement au profit de Dominique Bertinotti ou encore 1013 voix d'avance dans le XIIe, alors que la droite ne gagne de justesse que dans le Ier arrondissement avec 285 voix d'avance pour le candidat tibériste Jean-François Legaret. La gauche conserve les six arrondissements déjà gagnés en 1995 et remporte les IIe, IVe, IXe, XIIe, XIIIe et XIVe arrondissements.

La géographie électorale met alors en évidence une fracture droite/gauche à l'intérieur de Paris, car tous les arrondissements gagnés par la gauche se situent à l'est et au centre-est, alors que les quartiers aisés du centre et de l'ouest de la capitale (surnommés parfois « beaux quartiers ») ont massivement voté pour les candidats de droite (72,98% dans le VIIe arrondissement ou 80% dans le XVIe arrondissement, où deux candidats de droite se maintenaient pour le second tour).

Sur ces douze arrondissements gagnés par la gauche, un est dirigé par un maire Vert (IIe), un autre par un MRC (le XIe, dirigé par le chevènementiste Georges Sarre), les dix autres le sont par des élus PS dont deux femmes maires pour les IVe et XIIe).

Bertrand Delanoe est ainsi élu maire de Paris et succède à Jacques Chirac (dont le mandat aura duré 18 années, de 1977 à 1995), et à Jean Tiberi (six années, de 1995 à 2001). C'était la première fois depuis 1871 - lors de la Commune de Paris - que l'alliance de la gauche prenait, hors contexte révolutionnaire, la tête du conseil municipal (il n'y a pas eu de maire de Paris de 1871 à 1977, année d'élection de Chirac, mais le conseil municipal avait toujours été dominé par la droite).

Suite à son élection à la mairie, Bertrand Delanoe décide de démissionner de son poste de Sénateur de Paris qu'il occupait depuis 1998.

Analyse de la victoire de la gauche à Paris

La victoire de la gauche aux élections municipales de 2001 a été notamment expliquée par les divisions exacerbées au sein de la droite parisienne, majoritaire à Paris depuis cent ans et qui l'ont conduite à présenter deux listes concurrentes dans chaque arrondissement. Ce serait donc grâce à cette conjoncture exceptionnelle d'une droite fracturée et d'une gauche unie que Delanoe aurait gagné.

L'image négative véhiculée par des affaires politico-financières, dans lesquelles Jean Tiberi et plusieurs autres membres de la majorité municipale étaient alors soupçonnés d'avoir participé, aurait également profité aux listes de gauche.

Plusieurs journaux (L'Express, Le Figaro, Le Point, Le Monde, Le Nouvel Observateur) ont en outre partiellement expliqué la victoire de Delanoe par le vote d'une nouvelle catégorie sociale surnommée « bobos » (bourgeois-bohème), qui aurait fait la différence en faisant basculer à gauche certains arrondissements « traditionnellement » de droite (IIe, IVe, IXe et XIIe) [3] Selon les mêmes journaux, la victoire de Bertrand Delanoe est également attribuée à la marge à la mobilisation de la communauté homosexuelle parisienne. Enfin, il convient également de prendre en compte l'analyse de ceux qui écrivent que c'est peut être aussi, tout simplement, la nature de son programme qui permet à Bertrand Delanoe d'accéder à la mairie de Paris[4].


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